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Historique de la paroisse

La communauté paroissiale Sainte-Famille de Blind River remercie tous ceux et celles qui ont contribué à cette publication, et surtout à Suzanne Gammon sous la direction du comité du livre souvenir de la paroisse Sainte-Famille: Lucille Ladéroute et Diane Beauchesne.
Historique de la paroisse Historique de la paroisse

100 ans d'histoire et de foi - >>English version here<<

L'INSTRUCTION CATHOLIQUE occupe une place prépondérante dans la vie des gens de Blind River depuis les tout débuts de cette communauté. Au cours des ans, la communauté s'est transformée d'une mission jésuite en paroisse florissante, et tous les aspects de la vie communautaire ont été marqueés par cette évolution.

C'est vers l'an 1850 que la Compagnie de la Baie d'Hudson s'installe dans la région peu peuplée. It s'ensuit, vers 1860, un modeste influx de gens attirés par la grande richesse forestière de Blind River. La communauté est alors formée principalement d'autochtones originaires de la place et de quelques bûcherons. Ce n'est qu'en 1880-81 que la compagnie forestière William-Murray prend de l'expansion pour attirer encore plus de travailleurs. Le progrès se poursuit jusqu'au début des années 1900 lorsque les frères Eddy construisent une importante scierie, assurant la croissance continue de Blind River.

L'instruction religieuse suit une courbe parallèle au progrès de Blind River. En 1850, avant même la fondation du village, des missionnaires jésuites évangélisent les autochtones de la région. Le village est alors nommée <<Toska-Boganen>> en langue autochtone, langue que plusieurs Jésuites apprennent à maîtriser pour mieux répandre la parole de Dieu. Les premiers apôtres de Blind River sont les missionaires jésuites suivants:

  • PP. Dominique du Ranquet et Joseph Hanipaux, qui venaient de Wikwémikong de 1850 à 1857
  • PP. Martin Férard, Auguste Kohler et Jean-Pierre Choné, qui venaient de Wikwémikong de 1858 à 1864
  • PP. August Kohler et Richard Baxter, qui venaient de Garden-River de 1865 à 1870
  • P. Martin Férard, qui venait de Wikwémikong de 1870 à 1878
  • PP. Paul Nadeau et Alphonse Baudin, qui venaient de Wikwémikong de 1878 à 1879
  • P. François-Xavier Santerre, qui venait de Wikwémikong en 1883
  • P. Alphonse Baudin, qui venait de Wikwémikong en 1889
  • PP. Augustin Delay et Thomas Gagnon, qui venaient de Massey en 1891
  • PP. Gaston Artus, Hormislas Caron et Joseph Brault, qui venaient de Garden River de 1893 à 1896
  • PP. Joseph Brault et Louis Côté, qui venaient de Sudbury en 1897
  • PP. François Chambon et Louis Côté, qui venaient de Sudbury de 1898 à 1899
  • PP. Louis Côté, Joseph Richard et Joseph Dulude, qui venaient de Sudbury en 1900
  • PP. Joseph Brault et Joseph Richard qui venaient de Sudbury de 1900 à 1906

Le Père Joseph Brault croit à la vie chrétienne de la communauté de Blind River, si bien qu'il y fonde une chapelle en 1895 au site de l'Hôtel Lincoln. Blind River, jusqu'alors une mission, devient parroisse en 1898. Lorsque le Père Brault y revient en 1900, il en devient le premier curé.

C'est alors le Père Brault qui initie la construction de l'église en 1903. La construction débute au printemps pour s'achever à l'automne. L'inauguration officielle a lieu le troisième dimanche du mois de novembre 1903, devant tous les paroissiens. Mgr O'Connor, évêque de Peterborough ( le diocèse de Sault-Ste-Marie n'étant pas encore fondé ) célèbre la messe d'ouverture. À cette époque, l'église dessert les communautés de langues française et anglaise; on la nomme donc paroisse Sainte-Famille - Holy Family Parish.

Le premier sacrement donné par la paroisse Sainte-Famille est le baptème de Jean Joseph Eudore Blois le 22 septembre 1902. Le premier enterement est celui d'Émile Grignon le 8 avril 1903. Le premier mariage est celui de Georges Nault et Rosanna Wilford le 12 juin 1903.

En 1904, Rome décrète la création du diocèse de Sault-Ste-Marie, question de desservir les quelques 26,000 catholiques des districts d'Algoma, de la Baie-du-Tonnerre, du Nipissing et des Iles Manitoulines. Mgr David J. Scollard est nommé premier évêque du diocèse, et celui-ci prend la charge de la paroisse Sainte-Famille en 1906 lorsque les Jésuites la lui cèdent.

Après de nombreuses années au service des paroissiens de Blind River, le Père Brault, un Jésuite, cède sa place au premier prêtre séculier de la paroisse Sainte-Famille, M. l'abbé P.N. Brown. Celui-ci n'y reste que deux mois. On le remplace par M. l'abbé P.R. Macauley.

Cependant, suite à l'opposition de certains paroissiens qui revendiquent un curé de langue française, le Père Macauley quitte la paroisse, non sans controverse, en août 1907. Le conflit attire l'attendion des médias, qui ne manquent pas de remarquer que l'église est fermée à clé et que les paroissiens passent un dimanche sans messe.

Suite à l'absence de l'abbé Macauley, M. l'abbé Oscar Racette, vicaire, s'occupe de la paroisse. C'est M. l'abbé O'Brien, vicaire à North Bay, qui vient célébrer la messe du dimance à Blind River pendant le mois de septembre. C'est à la fin de ce mois qu'arrive enfin à Blind River le curé qui y rétablira l'ordre, le Père Jean E. Carrère.

Si la paroisse Sainte-Famille a besoin de stabilité à cette époque, le Père Carrère en est l'ancre tant attendue. Il y demeure pendant onze ans, un règne marqué des plus grands évènements de l'histoire de la paroisse.

Le 25 février 1908, une réunion a lieu avec l'évêque et les paroissiens de Blind River pour discuter de la possibilité de construire une école catholique. Jusqu'alors, les enfants catholiques sont instruits à une école protestante. Il est résolu qu'une école séparée doit être construite. L'école séparée bilingue est construite par M. Isaiah Taillefer et compte six salles de classe. Elle accueille ses premiers élèves en 1909. On la nomme école Saint Joseph.

Aussi en 1908, le Père Carrère réussit à faire venir les Filles de la Sagesse, qui s'occupent de la nouvelle école et se consacrent à la paroisse. Le Péere Carréere se plait à répéter qu'il s'agit de son plus beau don à la communauté de Blind River. Dées leur arrivée le 5 septembre 1908, les soeurs assument la direction de l'école, un travail exigent compte tenu de la dureté de l'époque. Il est à noter par exemple que l'école est alors chauffée au bois, et que les enfants n'ont bénéficié jusqu'alors d'aucune éducation française ni catholique.

Ces premiers temps, les Filles de la Sagesse habitent modestement deux petites maisons juxtaposées sur le terrain du presbytère. Lorsque la maison avoisinant l'école Saint Joseph est détruite par l'incendie en février 1909, M. l'Espérance, un bienfaiteur, achète le terrain pour le donner à la cummmunauté religieuse. Il y construit ensuite le premier couvent, qui accueille les Filles de la Sagesse dès l'automne 1909. Le couvent Ste Jeanne d'Arc sera plus tard démoli et remplacé par des roulottes parce qu'on le jugera trop difficile à chauffer. En 1994, il est construit à nouveau, au même site de la rue Lawton, où il demeure jusqu'à ce jour.

En 1910, le Père Carrère achète un terrain à un mille de l'église pour servir de cimetière. On s'était jusqu'alors servi d'un terrain donné en 1902 par M. Francis Lizotte au site de l'ancien hôtel Riverside. Ensuite, en 1906, on avait transporté les corps au pied de la montagne au nord-est du village. Le nouveau terrain est jugé plus digne d'accueillir les défunts paroissiens, et il est béni par Mgr Scollard.

Les Filles de la Sagesse continuent assi leur oeuvre auprès des paroissiens. En 1917, sous le supériorat de la Révérende Soeur Yvonne de St-Etienne, a leiu la premiéere procession de St-Sacrement dans le village de Blind River, ce qui deviendra un évènement annuel.

Les paroissiens acceptent avec chagrin le départ du Père Carrère pour Noëlville en novembre 1918, mais ils sont consolés par l'arrivée de M. l'abbé Origène Dufresne.

La communauté n'a pas à attendre longtemps pour connaître la charité et le dévouement de l'abbé Dufresne. Celui-ci arrive au moment où la "grippe espagnole" fait des ravages, et le nouveau curé ne tarit pas de soins envers les affligés.

En 1929, en réponse à la croissance de la population, l'abbé Dufresne fait agrandir l'église. Les travaux coûtent environ 10,000$, mais la rallonge sert bien à la paroisse croissante.

Le Père Dufresne demeure à la paroisse Sainte-Famille jusqu'en 1936. Ses 18 ans de dévouement à la paroisse sont remémorés avec grand émotion lorsque, le 2 juin 1964, il devient le premier prêtre à être enterré à Blind River. Mge Alexandre Carter, alors évêque du diocèse de Sault Ste Marie, célèbre la messe funéraire à laquelle assistent 40 prêtres et de nombreux paroissiens attristés. L'enterrement suit au cimetière de Blind River.

Suite au départ du Père Dufresne en 1936, la paroisse est confiée à l'abbé Joseph Marchand. Le Père Marchand demeure à la paroisse Sainte-Famille pendant cinq ans, se consacrant particulièrement aux pauvres de la région.

Le plus long des règnes comme curé de la paroisse Sainte-Famille appartient à l'abbé J.-A. Benoît, qui y avait déjà été cicaire en 1933. Arrivé en 1942, le Père Benoît se consacre à l'éducation, travaillant de concert avec les Filles de la Sagesse pour assurer une bonne formation chrétienne à la jeunesse de Blind River.

C'est ainsi vers la fin des années 1930 que l'on voit l'agrandissement de l'école Saint Joseph, dont les six salles de classe sont devenues insuffisantes. La nouvelle partie est à nouveau agrandie en 1968 suite à la démolition de la structure originale en 1967.

En 1948, les paroissiens de langue anglaise et les paroissiens de langue française obtiennent leur proproe paroisse. Le diocèse fonde la paroisse St. James the Greater, qui desservira dorénavant les catholiques anglophones. Leur premier curé est le Père E. M. Skillen. La paroisse Sainte-Famille, pour sa part demeure aux Francophones, toujours sous l'habile administration du Père Benoît. Avec la croissance de l'industrie minière à Blind River dès les années 1950, les deux paroisses demeureront très vivantes.

On doit aussi au Père Benoît la fondation, en 1950, de la Caisse populaire Sainte-Famille, dont plusieurs paroissiens deviennent sociétaires. Le Père Benoît n'a pourtant pas bonne santé, et dès le début des années 1960, les médecins lui conseillent la retraîte. Il ne se laisse pas facilement influencé, si acharné est-il à poursuivre son oeuvre auprès des paroissiens de Blind River.

En 1965, M. Clarence Blais devient le premier laïque à assumer la direction de l'école Saint-Joseph, jusqu'alors dirigée par les Filles de la Sagesse. L,école sera dorénavant dirigée par des laïques, mais les traditions inculquées par les religieuses y demeureront bien vivantes, tout comme l'importance de l'instruction catholique bien sûr.

C'est aussi en 1965 que le Père Benoît cède enfin sa place au jeune curé Marc Boyer. Celui-ci y demeure deux ans, remplacé par le Père Fernand Forest en 1967. Le Père Benoît reviendra pourtant à Blind River vivre ses derniers jours; il cède enfin à sa pauvre santé en 1969, et environ 35 prêtres viennent à Blind River à l'occasion de ses funérailles, célébrées par Mgr Alexandre Carter. Le Père Benoît est ensuite inhumé à North Bay.

Le Père Forest fait démolir l'ancien presbytère en 1970, puis entame la construction du nouveau presbytère, toujours à côté de l'église. On dit du Père Forest qu'il est timide, mais il ne tarde pas à gagner la faveur de ses paroissiens. Néanmoins, il ne demeure pas longtemps à Blind River. Déjà en 1971, il est remplacé par le Père Atché Leclair.

Le dynamisme de la paroisse Sainte-Famille n'est jamais si évident que pendant les années 1970 et 1980. La communauté chrétienne gravite autour de sa paroisse, qui devient plus que jamais un lieu de rassemblement social et communautaire aussi bien que spirituel. Le Père Leclair préconise une plus grande implication de la part des paroissiens, et il forme des comités de laïques pour s'occuper des affaires de la paroisse. On voit naître entre autres des comités de liturgie, de finances, de bingos, de scouts et ainsi de suite, ainsi qu'un Conseil paroissial très actif.

C'est aussi sous l'administration du Père Leclair qu'on entreprend, en 1974, la démolition de la première église Sainte-Famille et la construction de la nouvelle église où se rassemblent encore aujourd'hui les fidèles de Blind River. Bien que la perte de l'ancienne église fasse couler bien des larmes, la nouvelle structure, plus moderne, peut service également de salle communautaire, ce qui s'inscrit dans la vision du Père Leclair. On y célèbre les grans évènements de la vie des paroissiens, et on y tient plusieurs activités culturelles, dont des présentations de films, cafés chantant, soupers canadiens et ainsi de suite.

En 1977, le Père Jean-Claude Etienne remplace le Père Leclair. Le Père Etienne, un homme jovial, est très accessible et proche de ses paroissiens. Il demeure à Blind River jusqu'en 1985, et bien des paroissiens ont l'impression, à son départ, de perdre un grand ami.

Le Père Alfred Lemieux, qui devient curé de la paroisse Sainte-Famille en 1985, n'est pas un étranger. Il est originaire de Blind River et a été baptisé en l'église Sainte-Famille. De plus, il oeuvre à la paroisse comme assistant depuis 1965. Le Père Lemieux poursuit la tradition du Père Leclair en encourageant la participation de ses paroissiens à la gestion de l'église. Ainsi, un Conseil paroissial est élu tous les ans pour assurer la pastorale, et un comité de finances est aussi élu pour veiller à la santé financière de la paroisse. Le Père Lemieux est particulièrement soucieux des aînés et des malades; il se rend même souvent chez-eux pour leur donner la communion.

Le Père Pierre Cholette succède au Père Lemieux en 1991. Il aime le plein-air et la pêche, activités à laquelle il s'adonne avec plusieurs paroissiens. Le Père Cholette gère sa paroisse avec grans sérieux et un respect des cérémonies bien ancré.

Au cours des années 1990, les laïques doivent assumer une plus grande responsabilité par rapport à leur paroisse. En septembre 1996 le Père Lothar Maurer devient curé de la paroisse Sainte-Famille. Compte tenu du manque de prêtres francophones dans le Nort de l'Ontario, il s'agit du prêtre de la paroisse dElliot Lake, qui devra dorénavant s'occuper également de la paroisse de Blind River. Le Père Maurer demeure donc à Elliot Lake, pour se rendre à Blind River seulement les samedis soirs pour dire la messe. Les paroissiens compréhensifs se soumettent de bonne foi à ce changement d'horaire, même si certains sont tracassés au départ par la perte d'un curé <<à tempt plein>>. Néanmoins, le Père Maurer n'a pas à s'en faire pour le bon fonctionnement de la paroisse Sainte-Famille, qui depuis septembre 1996 est assuré par la très capable Soeur Bernadette Paquette, Fille de la Sagesse. Soeur Bernadette travaille de concert avec le Conseil paroissial et les nombreux comités de la paroisse pour veiller à l'administration de la paroisse. En fait, plus de 80 noms figurent sur la liste actuelle des bénévoles de la paroisse, ce qui témoigne de son dynamisme continu.

En 1998, la paroisse Sainte-Famille a célébré avec cérémonie son centenaire, et remémoré une histoire digne de grande fierté. Les paroissiens se sont rappelé des humbles débuts de la paroisse, les efforts ardus des pionniers et la foi solide qui a assuré une si longue vie à leur paroisse. Ils ont reconnu le grand apport des nombreux prêtres qui se sont consacrés à les guider vers une vie chrétienne remplie de sens, d'esprit communautaire, de partage; et celui des Filles de la Sagesse qui, pour une grande partie, les ont éduqués dans la foi, dans l'amour de Dieu et d'autrui.

La paroisse Sainte-Famille a marqué sa communauté au cours des ans; la marque qu'elle y a laissée et qu'elle continue à y graver en est une de charité, de bienveillance, d'humanisme profond. La place qu'elle y occupe depuis cent ans est celle qui lui revient de justesse encore aujourd'hui: au coeur même de Blind River.